L'école roudanaise de malhoun : Haj Omar Bouri

Publié le par Le Malouf ou l'Andalousie retrouvée

Haj Omar Bouri الحاج عمر بوري (né en 1940 à Taroudant) figure parmi les derniers poètes du malhoun à Taroudant. Autodidacte, et après un long parcours, il devient l'une des figures de proue du malhoun au Royaume chérifien depuis les années 80 où on ne compte plus ses distinction par les plus grandes instances académiques et artistiques Marocaine. L'appel du Printemps est l'un des textes le plus aimé de cet homme. Mais l'homme brasse tous les styles, ce qui lui a permis de découvrir la nature humaine. 
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Haj Omar Bouri (centre) avec deux de ses brillants élèves : Othmane Sassi (gauche) et Younes El Abbadi (droite)

Né à Taroudant, il y grandit au sein d'une famille de musiciens  et fut bercée dans le malhoun, depuis  sa plus tendre enfance (son père et son oncle, amis et avant eux, son grand père qui fut aussi un brillant chanteur de malhoun qui appartenait à la troupe soufie Dar Dmana).

C'est auprès du soufi Moulay Ahmed Jilani El Kadiri (fils de Moulay Abdelkader Jilani qu'il apprend cet art ancestral. Mais les maîtres qui l'ont influencé sont très nombreux.

Il  exerce son art dans sa ville natale différents métiers dont celui de boucher, et c'est dans les années 60,  qu'il émigre en France (1962-1963) et en Belgique (Genk et Winterslag entre 1963 et 1967) où il travaille dans les mines de charbon en Campine.  Dès son retour en France, il fréquente les orchestres et chante le malhoun. Rien ne disposait ce fils de boucher et boucher lui même allait devenir un poète qu'on étudie dans les universités. Les poésie de Haj Omar Bouri parlent d'amour, du roi, mais aussi de politique, et de sport. C'est la vie et les gens qu'il chante. Le malhoun est l'expression par excellence qui a toujours reflété les différents aspects de la vie quotidienne.

Peu de gens savent que Monsieur Bouri fut dès 1956,  un brillant coureur cycliste au Maroc  (Hassania d'Agadir) et actif au sein de la Fédération marocaine du cyclisme) ce qui l'amène a composer une qasida en hommage au sport.  Il remporte même un prix face à des Marocains et à des français. Du prix du cyclisme dans ses années de jeunesse au prix de la Poésie.

Cet homme  fut un membre du  Parti de l'Istiqlal (en arabe حزب الإستقلال, en français, « Parti de l'indépendance ») qui est l'un des partis politiques marocains ayant joué un rôle prépondérant dans le paysage politique marocain et qui constitue le soutien principal bien que remuant du premier gouvernement marocain post-colonial.est complètement investi dans le travail de l'agriculture et de la boucherie. C'est lui qui approvisionne les étals de la ville. Mais il demeure un Poète du Melhoun qui figure parmi les plus connus du genre.
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Aujourd'hui père de 7 enfant, l'homme encourage tous les jeunes de la ville à s'intéresser à tous les registres musicaux, à la musique traditionnelle  en général. Ainsi, Othman Sassi (né en 1986, à Taroudant), un jeune chanteur marocain apprend le malhoun et la musique dès son enfance auprès de lui et collabore avec le cheikh à la fondation de l'Association Dakka Roudania qui promeut notamment la dakka, une transe basée sur le rythme traditionnel des tanneurs et deviendra également le secrétaire général de ladite association. Suite à une demande expresse du Conseiller du Roi : le Docteur Abbas al Jirari, une nouvelle association se met actuellement en route en hommage à son école.

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Son excellence Abbas al Jirari et Othmane Sassi (droite) après une journée d'étude sur le malhoun.

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Othmane Sassi et Mario Scolas au festival malhoun à Essaouira (Maroc)

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Haj Omar Bouri et Mario Scolas

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